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13 novembre

«Plus vite que par la mer». Article d' Anton Kozlov, Directeur des projets à l’étranger et de la coopération internationale de «Russian Railways»

Ces derniers temps on observe un intérêt croissant pour les services de transit de fret entre la Corée du Sud ou le Japon et les pays de l'Union européenne. Les chiffres relatifs à la croissance des volumes de transit ferroviaire entre l'UE et la Chine sont parlants puisque ce dernier a été multiplié par huit en l’espace de cinq ans, entre 2014 et 2019.

La tendance positive se poursuit au premier semestre 2020 : plus de 220 000 EVP ont été acheminés via le réseau des « Russian Railways » sur le trajet Chine-Europe-Chine, ce qui représente une croissance de 43% par rapport à l'année dernière.

Outre le service « Trans-Siberian Land Bridge » existant déjà (partenariat entre « RZD Logistics » et « Fesco » via le port de Vladivostok), des transporteurs maritimes de conteneurs se tournent également vers les trajets ferroviaires à travers la Russie. Ainsi, Maersk a ouvert en 2020 un service sous le nom de code AE19 via le port Vostochny dans l’Extrême-Orient russe et le Grand Port de Saint-Pétersbourg. Il s'agit de la première pierre à l’édifice d’une possible coopération stratégique entre les lignes maritimes transcontinentales et le réseau ferroviaire de l’Eurasie pour des services de transport conjoints entre la région Asie-Pacifique et l'UE.

Je pense que d’autres grands opérateurs maritimes peuvent montrer un intérêt pour le transport via les ports de la région de la Baltique et de la Russie, dont ceux de Kaliningrad et de l’Extrême-Orient russe. Cette attractivité est confirmée par l'expérience positive d’UTLC ERA, société commune des Chemins de fer russes, kazakhs et biélorusses (JSC « United Transport and Logistics Company – Eurasian Rail Alliance », ndlr), qui a développé avec succès son activité logistique via Kaliningrad au cours de l'année écoulée.

Les sociétés de transport maritime ont développé depuis des décennies des schémas de consolidation des marchandises par grands lots pour les navires, tandis que de son côté le rail offre une livraison rapide, abordable et de plus en plus pratique pour les utilisateurs au fil de ces dernières années.

Il est important de noter que la concurrence entre la mer et le rail n’est pas particulièrement exacerbée – la plupart des marchandises transportées par voie maritime le restera car, pour de nombreuses cargaisons, le délai de livraison n’est pas si important que cela, alors que le prix est une priorité – dans ce contexte, les infrastructures ferroviaires créées de la main de l’homme seront bien évidemment toujours plus chères que les espaces maritimes par définition gratuits.

Cependant, une partie des marchandises est au contraire sensible aux délais de livraison et, grâce au coût élevé de ce type de marchandises, le prix du transport ferroviaire s’avère tout à fait abordable (d’ailleurs, les tarifs de base pour le transit par les chemins de fer russes n'ont pas augmenté depuis plusieurs années). Il s’agit de composants automobiles et d’électronique, d’équipements, de produits chimiques transformés, de biens de consommation, de produits alimentaires.

« Russian Railways » et les transporteurs nationaux des pays voisins travaillent sur l’amélioration constante des services de transport.

La réalisation de projets de modernisation des infrastructures et de dégoulottage conduit à une augmentation de la vitesse de transport, qui dans le cas de JSC « Russian Railways » s’élève déjà à plus de 1300 km/jour, ainsi qu’au développement de l'infrastructure numérique, y compris à une interaction avec les autorités douanières sous format électronique, ce qui réduit encore plus le temps de trajet.

Un autre facteur significatif jouant en faveur de la logistique ferroviaire est l'intérêt des entreprises à « verdir » leurs chaînes logistiques – le transport ferroviaire possède l’empreinte carbone la plus faible par rapport aux autres modes de transport. C’est le cas en particulier de JSC « Russian Railways » dont les principaux tronçons des lignes majeures sont électrifiés.

Pour cette raison, « Russian Railways », ainsi qu’un certain nombre d'autres chemins de fer, ont récemment adhéré à la Déclaration sur le développement durable dans la partie qui concerne les engagements particulièrement forts du secteur ferroviaire en faveur de la lutte contre le changement climatique.

Les objectifs annoncés dans ce nouveau document supposent l’engagement des entreprises ferroviaires à réduire la consommation d'énergie et les émissions de CO2, à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et à mettre en œuvre les objectifs des Nations Unies en matière de développement durable.

La principale conclusion que l’on peut tirer est que la confiance dans le transit de conteneurs par chemin de fer a augmenté ces dernières années.

La question relative à la stabilité et la qualité du transport ferroviaire n’est plus d’actualité depuis longtemps – la fiabilité de la livraison par ce type de transport n’a rien à envier au maritime. En 2020, en raison des restrictions sanitaires dans les ports, c'est justement le transport ferroviaire qui est devenu plus fiable – peut-être même le type de transport le plus fiable sur longue distance.

Ainsi, l’émergence de nouveaux services logistiques communs entre les lignes maritimes transcontinentales et le rail, destinés au marché du transit de fret entre l'UE et les pays de la région Asie-Pacifique, devrait avoir lieu dans un avenir proche.