Ambassade de la Fédération de Russie en France
Ambassade: +33 1 45 04 05 50
/Service consulaire: +33 1 45 04 05 01
17 septembre

Commentaire de la Mission permanente de Russie auprès de l'Union Européenne sur la situation autour d'Alexey Navalny

Ces dernières semaines, nous avons assisté à une campagne d'information en pleine explosion dans l'UE, tant dans les milieux officiels que dans les médias, sur un incident survenu le 20 août 2020 avec Alexey Navalny, militant politique et blogueur russe. Sans prétendre à l’expertise en toxicologie, nous estimons qu’il est nécessaire d'attirer votre attention sur de multiples incohérences dans cette affaire. À la lumière des débats au Parlement européen, nous invitons les fonctionnaires de l'UE et les députés européens à se pencher sur les questions suivantes.

  • Y aurait-il une raison quelconque à la décision présumée des autorités russes d'empoisonner M. Alexey Navalny en utilisant un agent chimique neurotoxique de qualité militaire du groupe "Novichok" qui tombe sous l'interdiction de la CIAC dans une ville russe d'un demi-million d'habitants, puis de faire tout leur possible pour lui sauver la vie et le laisser partir pour un traitement médical complémentaire en Allemagne, où "Novichok" pourrait être identifié ?

  • Quelle serait la raison pour les autorités russes d'empoisonner M. Navalny, compte tenu du fait que son niveau de popularité réel atteint à peine 2%, selon la récente enquête menée en juillet 2020 par le Centre Levada (un organisme indépendant et non-gouvernemental de sondage et de recherche sociologique)?

  • Pourquoi le gouvernement allemand est-il si réticent à fournir aux autorités russes compétentes les résultats des analyses toxicologiques effectuées par un laboratoire spécialisé des forces armées allemandes ou à les rendre publics, si Berlin est convaincu que M. Navalny a été empoisonné? Le 27 août 2020, le Parquet général de la Fédération de Russie a soumis aux autorités allemandes une demande officielle d'assistance juridique. Berlin n'a cependant pas été disposé à répondre à cette demande de manière rapide et constructive, se traînant d'abord les pieds pour annoncer ensuite qu'aucune preuve ne serait fournie en raison de la confidentialité, et déclarant finalement toute l'affaire secrète?

  • En même temps, nous avons constamment entendu dire qu'il était essentiel que le gouvernement russe mène une enquête approfondie et transparente sur la tentative d'assassinat de M. Navalny. Il est déclaré que toutes les preuves et tous les témoins doivent être trouvés "quelque part en Sibérie". Est-ce une coïncidence qu’au même moment, certaines personnes qui accompagnaient M. Navalny lors de son voyage en Sibérie ont rapidement quitté la Russie pour l'Allemagne juste après l'incident?

  • Pourquoi les médecins allemands de l'hôpital «Charité» évitent-ils tout dialogue professionnel avec leurs collègues russes en dépit des incohérences évidentes dans les symptômes, les analyses toxicologiques et les diagnostics de M. Navalny ? La Chambre fédérale allemande de médecine a rejeté la proposition de ses homologues russes de créer un groupe commun pour effectuer un examen médical de M. Navalny.

  • Pourquoi déclare-t-on qu'un agent chimique neurotoxique de qualité militaire du groupe "Novichok" a été développé par l'Union soviétique et plus tard par la Russie, en négligeant le fait que depuis plusieurs années, des spécialistes des États occidentaux et des centres pertinents de l'OTAN développent des substances chimiques liées au groupe "Novichok" ? Par exemple, les États-Unis ont délivré plus de 150 brevets permettant l’utilisation de ces substances chimiques au combat.

  • Pourquoi M. Navalny a-t-il été escorté à son arrivée à Berlin à l'hôpital Charité par la police et des agents des services spéciaux ? Pour quelle raison, bien avant la soi-disante découverte du «Novichok», les mesures de sécurité extraordinaires ont-elles été prises, et l'hôpital lui-même a été transformé en un établissement de haute sécurité? Cela signifie-t-il que Berlin savait quelque chose que ni Moscou ni Omsk ne savaient? Il est à noter que plus de 60 tests biochimiques ont été effectués à l'hôpital d'Omsk, aucun ne montrant de signe d'empoisonnement.

  • Qu'est-ce qui se cache derrière l'histoire de la "bouteille d'eau", prétendument avec des traces de poison dessus ? Aucune caméra de surveillance ou photo ne montre que M. Navalny avait bu de cette bouteille avant son départ de l'aéroport de Tomsk. De plus, même s’il l’aurait fait avant le vol ou bien à bord de l'avion à destination de Moscou, comment est-elle arrivée à Berlin ?

  • Pourquoi aucun spécialiste en toxicologie, civil ou militaire, ni aucun médecin de Charité n'a produit de déclaration qualifiée sur l'affaire (comme l'ont fait les médecins russes)?
Les affirmations selon lesquelles les preuves ne peuvent être transmises à la Russie qu'avec le consentement du patient vont à l’encontre des nombreuses déclarations faites au niveau politique en Allemagne alors que M.Navalny était encore dans le coma.