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25 novembre / 2020

Sommet du G20


Vladimir Poutine s'est adressé aux chefs de délégations des pays membres du G20, des États invités et des organisations internationales.

Chers collègues,

L'ampleur des problèmes auxquels l'humanité est confrontée en 2020 est vraiment sans précédent. La pandémie du coronavirus, le confinement global et le gel de l'activité économique ont déclenché une crise systémique que le monde n'a probablement pas connue depuis la Grande Dépression.

La croissance des économies nationales en a été gravement touchée. La pandémie a fait des dizaines, voire des centaines de milliers de morts, tandis que des millions de personnes ont perdu leur emploi et leurs revenus.

Le risque principal, évidemment, malgré certains signaux positifs, le risque principal reste: c’est le chômage de masse à long terme, un chômage dit "stagnant" avec la croissance subséquente de la pauvreté et de l'insécurité sociale. Le rôle du G20 est d'empêcher que cela ne se produise.

La Russie apprécie beaucoup les efforts de l'Arabie Saoudite lors de sa présidence au G20. Dans la situation actuelle, l'ordre du jour du forum a été recentré sur le relance de l’économie mondiale et la protection de la santé et du bien-être des populations.

S'appuyant sur l'expérience acquise dans la lutte contre la crise financière mondiale de 2008-2009, le G20 a lancé un nombre d'initiatives multilatérales pour réduire les risques économiques liés à la pandémie et rétablir l'activité économique, notamment par l'intermédiaire des principales institutions de gestion globale, à savoir l'ONU, l'OMS, le FMI, la Banque mondiale et autres.

Nos pays ont conçu un ensemble de mesures incitatives pour l'économie mondiale qui s’élèvent à 12 trillions de dollars. Le président américain vient de nous parler des efforts des États-Unis: en effet, il s'agit d'une très grande contribution à la reprise de l'économie américaine, ce qui signifie également la reprise de l'économie mondiale.

Nous avons tous ensemble contribué à mobiliser les 21 milliards de dollars pour les besoins médicaux urgents et entamé la coopération internationale dans le cadre du développement, de la production et de la distribution de vaccins.

Comme d'autres pays, la Russie a pris des mesures anticrises sans précédent en donnant la priorité absolue à la valeur essentielle et fondamentale qu'est la vie et la santé des gens.

Pour assurer la stabilité de l'économie nationale et maintenir la cohésion sociale, le Gouvernement russe et la Banque de Russie mettent en œuvre un plan integré de soutien de la population, des petites et moyennes entreprises et des industries qui se retrouvent dans la zone du risque. Un soutien a été apporté au secteur bancaire et aux budgets régionaux, les entreprises ont reçu des prêts tandis que les investissements du gouvernement ont été augmentés. Le volume actuel de l'aide budgétaire anticrise s'élève à 4,5 % du PIB.

La prise urgente de ces mesures ciblées a permis à la Russie, ainsi qu'à la majorité des pays développés, d'atténuer le déclin économique, d'améliorer le système de santé et de traverser les périodes difficiles sans pertes irréparables. Les réserves que nous avons accumulées et les prêts que nous avons obtenus sur le marché intérieur ont contribué à financer ces mesures.

Nous sommes cependant conscients que les économies en développement comme certaines économies émergentes manquent objectivement de telles ressources. Leurs recettes fiscales ont plongé alors que la nécessité d'allouer des fonds considérables pour lutter contre la pandémie s'accroît presque chaque jour. La dévaluation de la monnaie nationale comporte un risque important car augmente le coût du service de la dette publique, principalement pour les pays à faible revenu, qui ont deux tiers de leurs prêts en dollars américains.

Le FMI et la Banque mondiale ont apporté une aide importante aux pays en développement. En avril, suite à leur proposition, le G20 a décidé d'instaurer un moratoire temporaire sur les remboursements des dettes des pays en développement. Cette initiative est certainement nécessaire, mais elle ne concerne que les pays les plus pauvres. D’ailleurs, elle n'inclut pas leur dette envers les créanciers privés et concerne moins de 4% des frais de remboursement de la dette extérieure totale des pays en développement pour l'année en cours.

Je pense que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour prévenir la dégradation de la situation et l'accroissement des inégalités économiques et sociales.

Il faut également se pencher sur les problèmes urgents qui se sont accumulés dans le commerce international. Ainsi, il est nécessaire d'essayer de contenir le protectionnisme, d'abandonner la pratique des sanctions unilatérales et de relancer les chaînes d’approvisionnement. Nous en avons parlé pas plus tard qu'hier dans le cadre d'une autre plateforme internationale, l'APEC.

L'adaptation des règles commerciales universelles multilatérales au commerce électronique (il y a beaucoup à faire dans ce domaine) et à d'autres nouvelles réalités économiques est également à l'ordre du jour.

Dans l'ensemble, le G20 devrait continuer à rechercher de nouvelles approches pour réformer l'OMC afin de relever les défis actuels. Cette tâche serait irréaliste sans un système commercial multilatéral stable et efficace, mais pour l'instant, on n’a pas d’alternative à l'Organisation mondiale du commerce.

La Russie soutient le projet de décision clé du sommet actuel visant à ce que les vaccins efficaces et fiables accessibles à tous. Il ne fait aucun doute que les médicaments imminisant sont et doivent être placée dans le domaine public universel. Notre pays, la Russie, est prêt à fournir aux pays qui en ont besoin les vaccins mis au point par nos chercheurs. Il s'agit du premier vaccin enregistré au monde, Spoutnik V, basé sur la plateforme des vecteurs adénoviraux humains. Le deuxième vaccin russe, EpiVacCorona, élaboré par le centre de recherche de Novossibirsk, est également prêt. Le troisième vaccin russe est à l’approche.

L'ampleur de la pandémie nous oblige à mobiliser toutes les ressources disponibles. Notre objectif commun est de constituer des portefeuilles de vaccins et d'assurer une protection fiable à la population de la planète. Cela signifie qu'il y aura suffisamment de travail pour tout le monde, chers collègues, et je pense que c'est un cas où la concurrence est peut-être inévitable, or, nous devons partir avant tout de considérations humanitaires et en faire une priorité.

Permettez-moi de souligner que cette crise doit devenir une occasion de modifier la trajectoire du développement global, préserver l'environnement et le climat, assurer des conditions égales à toutes les nations et à tous les peuples, mettre en place des outils efficaces de coopération multilatérale et des institutions internationales clés tout en s'appuyant sur la charte des Nations unies et sur les normes et les principes universellement acceptés du droit international. Nous considérons cette approche à la résolution des problèmes mondiaux comme la tâche et la responsabilité primordiales du G20 en tant que forum principal d’économies les plus développées du monde.

Chers collègues, je tiens à remercier une fois de plus l'hôte de l'événement d'aujourd'hui, l'Arabie Saoudite. Je vous remercie de votre attention.